Paul Claudel. Le soulier de satin. Club du meilleur livre, 1953

“Dans l’après-guerre, les clubs de livres offrent un cadre exceptionnel à des graphistes soucieux de rénover la design éditorial. Permettant une importante diffusion de la littérature, le principe de vente par correspondance et des tirages limités profite de couvertures-surprises, toujours renouvelées. Selon Massin, cette intense période de création graphique relève d’une oeuvre collective- initiée par Pierre Faucheux, bientôt suivi par Jacques Darche, Jacques Daniel, Claude Bonin-Pissarro et Massin lui-même. Poursuivant les mutations opérées par les avant-gardes dans le domaine de la communication visuelle, les graphistes des clubs multiplient les expérimentations, transforment les trois faces de la couverture en une unité visuelle, incorporent des matérieux inattendus à ce qui devient un livre-objet, introduisent la notion de déroulement dans la succession des doubles pages, cherchent l’effet cinétique, etc. De façon naturelle, typographie et écriture prennent une place focale dans ces créations, où la couverture se joue aussi comme objet d’attraction et suport de promotion.”

 

Roxane Jubert, Margo Rouard-Snowman. Massin et le livre: la typographie en jeu = Massin and books: typography at play. Paris: École nationale supérieure des arts décoratifs: Archibooks, 2007 (p. 45)